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10 janvier 2012

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Pour le moment, les révolutions arabes ont marginalisé l’enjeu palestinien. Pour la première fois depuis presque cinquante ans, l’agenda du monde arabe – tant celui des gouvernements que celui des peuples – n’est pas déterminé par le conflit israélo-palestinien mais par les difficultés sociales et politiques que ce monde doit affronter : pauvreté, développement économique et démocratie. Et lorsque l’enjeu palestinien est marginalisé, la bande de Gaza est poussé en marge de la marge.

 

Le vieux complot israélo-américain visant à couper Gaza de la Cisjordanie a réussi, tant sur le plan social que politique. En Cisjordanie, il existe une répartition des tâches entre les militaires israéliens et l’administration palestinienne. Il existe aussi une division de l’espace entre les colonies d’une part (qui comprennent 50% du territoire cisjordanien) et les villes palestiniennes partiellement autonomes ; à Gaza, le régime militaire israélien semble avoir quitté les lieux. En réalité, l’occupation israélienne n’a pas pris fin, elle n’a accordé aucun lopin de territoire libéré. Elle a juste envenimé une situation déjà désespérée : pendant six ans, 1,5 million de personnes, y compris des femmes et des enfants, ont été intensément assiégés si bien que beaucoup considèrent, à raison, que Gaza est devenu un énorme camp de concentration. Il n’y a ni entrée ni sortie, excepté pour les cas « humanitaires ». Et il ne peut exister aucune relation commerciale indépendante.

Il est vrai que sous l’impulsion du printemps révolutionnaire en Egypte, une petite brèche a percé le blocus. La frontière avec l’Egypte n’est plus fermée hermétiquement. Mais nous sommes loin d’être parvenus à la fin du siège. Et nous ne sommes pas plus proches de l’engagement explicite d’Israël d’assurer un « passage sécurisé » entre la Cisjordanie et la Bande de Gaza.

Mais l’Autorité palestinienne ne semble pas trop attristée par cette division ni par le fait conséquent de se débarrasser de toute responsabilité quant au sort des résidents de Gaza. La majorité de ces résidents ne constitue pas des fervents supporters du président de l’AP, Mahmoud Abbas, ni de son Premier ministre, Salam Fayyad.
Il apparait également que les dirigeants du Hamas à Gaza espèrent être perçus comme un gouvernement complètement opérationnel. Et dans la perspective d’élections qu’il devrait gagner, le Hamas mise aussi sur son inclusion indirecte dans n’importe quelle négociation qui se tiendra avec l’Etat d’Israël.

Cependant, étant donné la politique israélienne consistant à rejeter toute négociation avec les Palestiniens, des pourparlers significatifs sont totalement improbables. Et le siège de Gaza continue inexorablement. C’est ce point, et pas les manœuvres stériles de l’AP aux Nations Unies, qui devrait déterminer l’agenda des mouvements de solidarité à travers le monde. Nous devons extirper la bande de Gaza et ses habitants de la marge où ils ont été consciemment poussés pas seulement par les gouvernements israéliens, mais aussi par les dirigeants de l’Autorité Palestinienne.

Conclu sous la médiation de l’Egypte, l’accord entre le Hamas et le Fatah offre une lueur d’espoir et va probablement aider à raccommoder les déchirures entre Gaza, la Cisjordanie et les différentes factions du mouvement national palestinien. Israël va faire tout ce qui est en son pouvoir pour saboter cet accord comme, par exemple, intensifier ses bombardements sur Gaza et peut-être même lancer une nouvelle compagne militaire semblable à l’Opération Plomb Durci de 2008-2009. Mais le principal défi que doivent relever les Palestiniens ne repose pas sur la fermeté des Gazaouis : ceux-ci ont déjà prouvé qu’ils peuvent affronter tout ce que peut leur balancer Israël. Non, le principal défi repose sur la capacité de l’AP cisjordanienne à résister aux pressions internationales qui tenteront de faire capoter l’accord de réconciliation entre le Fatah et le Hamas.

A travers le monde arabe, des millions de personnes ont manifesté sous le slogan « Dégage ». Des jeunes Palestiniennes et Palestiniens de Ramallah, Bethlehem et de la bande de Gaza ont manifesté sous le slogan « Unité ». Cet appel devrait guider le leadership palestinien et ces différentes factions.

 

 

Source : Alternative Information Center

Traduit de l'anglais par Investig'Action



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