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5 décembre 2013

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Cette grave interrogation est légitime, si on tient compte du contexte de l’arrestation et de l’inculpation du Général, et surtout, des faits qui lui sont reprochés par le Juge d’instruction malien. En effet, c’est au moment où, pour la première fois depuis l’Opération Serval, des organisations de la société civile du Mali marchaient jusqu’ à 300 mètres de sa résidence, pour dénoncer « la politique de la France à Kidal », perçue comme visant à imposer le MNLA au Président IBK, que l’on a procédé à l’interpellation et à l’inculpation du Général !

 

 

Et cela, après que la justice Malienne venait de lever le mandat d’arrêt international contre les leaders des Jihadistes qui ont ensanglanté le Nord Mali pour porter atteinte à son intégrité territoriale ! Tous les observateurs avertis savent, que ce geste de la Justice Malienne en direction des Jihadistes, était une des conditions posées aux autorités françaises par les preneurs d’otages de Français, pour les libérer.

 

 

Ainsi, on libère ceux qui ont porté les pires atrocités au peuple malien et qui ont bafouillé sa souveraineté internationale, et on arrête, par la suite, un Général malien, accusé d’ « assassinats » de ceux qui ont tenté de le renverser militairement pour remettre en place le régime qu’il avait fait tomber afin de créer les conditions qui ont permis au peuple malien de se redresser, et de résister au point d’être en mesure de lancer des mandats d’arrêts contre ses agresseurs, et d’organiser des élections présidentielles qui ont redoré son blason au niveau international.

 

Le Général SANOGO était ainsi devenu, pour la France et ses hommes - lige en Afrique de l’Ouest, celui qu’il faut abattre pour remettre le Mali dans la constellation de la « Françafrique », afin de mieux veiller, dans le Sahel, sur les intérêts économiques et stratégiques de son ancienne puissance coloniale.

 

 

Cette inculpation du Général ressemble donc bien à un gage que le Président IBK donne à la France, afin qu’elle revoie sa position de protecteur du MNLA, qui est reflétée par la réponse que le Président du Burkina lui a servie, à Dakar, lors du sommet des Chefs d’Etat de la CEDEAO. En effet, à son interpellation de ses pairs sur la situation qui prévaut à Kidal où le MNLA sème, impunément, la pluie et le beau temps, et empêche l’administration de l’Etat malien à entrer en fonction dans cette région, le Président du Burkina lui avait répondu que le "problème de l'AZAWAD est un problème interne au Mali"  !

 

Ainsi, le Président du Burkina, devant ses pairs, reconnaissait officiellement une entité AZAWAD, que le MNLA veut séparer de l’Etat malien  !

 

Cette réponse du Président du Burkina, bombardé « médiateur » dans cette crise au Mali est sans équivoque : Il soutient les revendications du MNLA vis-à-vis de l’Etat malien.

 

Ce qui devait suffire à un Chef d’Etat malien, soucieux de la défense de l’intégrité de son territoire national, pour récuser, devant ses pairs, le Président du Burkina comme « médiateur » ! Mais il n’en fit rien !

 

 

C’est donc pour trouver une attitude plus « compréhensive » de Paris sur cette question, que IBK a décidé de sacrifier le Général qui a fait échouer toutes les manœuvres des gouvernements Sarkozy et Hollande, avec l’appui du Président du Burkina, de Côte d’Ivoire et du Bénin, pour imposer l’AZAWAD comme un Etat sous la conduite du MNLA.

 

Ce Général, qui a mobilisé l’opinion publique pour barrer la route au Candidat du Burkina à l’élection présidentielle au Mali, pour soutenir IBK, qui était plus proche de sa quête de souveraineté du peuple malien, est servi, aujourd’hui, par celui –ci, en sacrifice à la France, pour servir de gage à sa fidélité, juste au moment où des maliens manifestent contre la politique de celle-ci vis-à-vis du MNLA !

 

Le prétexte utilisé pour justifier cette forfaiture, et les moyens judiciaires mis en œuvre à cet effet l’objectif politique visé, qui est l’élimination de celui que la France et ses alliés de la Françafrique, considèrent comme « le symbole du refus de la soumission du peuple malien », donc  comme un « affront  » qu’il faut laver.

 


 

Ainsi, l’accuser d’avoir usé de moyens militaires et policiers, avec certes les dégâts collatéraux inhérents à cette situation de guerre, pour mettre en échec ceux qui ont tenté un « coup d’Etat » pour le renverser et soumettre le Mali aux intérêts économiques et stratégiques de la France, ne peut être assimilé qu’à un acte de « haute trahison » pour tout Chef d’Etat qui en ferait de même.

 

 

 

Surtout, que le gouvernement malien a traduit en justice un Général de son armée, non devant une cours martiale, mais devant une cours civile de droits communs !

 

 

 C’est une première dans l’histoire judiciaire des pays démocratiques, que, curieusement, les organisations de Défense de Droit de l’Homme, qui se sont acharnés contre lui et contre l’armée malienne en les accusant « d’actes barbares et racistes » pour justifier la politique Française vis-à-vis de la rébellion du MNLA, omettent de dénoncer !

 

C’est comme si, au Mali, on jetait la probe sur tous les fils du Mali qui ont osé dire Non à la France !

 

Heureusement, en organisant cette marche contre la politique de la France à Kidal, des Maliens ont ouvert le véritable début de la lutte de ce peuple pour recouvrer sa souveraineté pleine et entière !

 Tous pour le retrait de cette inculpation indigne !

 

 Tous pour la restitution de Kidal à la souveraineté de l’Etat malien !

 En avant, pour la restitution de la plénitude de leurs missions régaliennes, à l’armée nationale et aux forces de sécurité du Mali.

 

 

Ibrahima Sène PIT/SENEGAL  

Dakar le 28 /11/2013

 

Source : Seneweb 

 

 

 

 


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